Courage virtuel

Les grandes gueules anonymes qui profitent d’être masquées
Ne sont jamais que des victimes dès qu’éloignées de leur claviers.
Histrioniques pantomimes, elles se défoulent sur les réseaux.
Une existence synonyme de pleutrerie deux point zéro.

Les grandes gueules anonymes qui profitent d’être masquées
Se multiplient telle la vermine et toujours aiment à caqueter
L’insulte pour arme du crime ils évacuent toute leur rage
Mais au final ce sont bien eux qui sont prisonnier d’une cage

Génération Y

Enfant de la modernité, je fus élevé par la télé
Petit carré d’humanité où vivent des saints-animés
Petite prison pleine de chansons où l’on se berce d’illusions
À chaque con son émission au temps de la consommation

Les pseudo discours qui divisent ne sont que débats de façade
L’esprit sous l’emprise des bêtises de ces rois de la mascarade
Et à force de fainéantise c’est notre esprit qui tombe en rade
Chaque soir tu te plains de la crise, puis tu flippes à cause du jihad

Le cerveau assommé, comme sonné, ta conscience bascule
Trop de bruit et d’images, trop de cris et de rage, à chaque crépuscule
Et dans la nuit trop sage, de mirage en mirage, errent les somnambules
Inconscients du carnage, ils scrutent par le grillage, une vie sur pellicule.

Flic(ra)caille

A tous ces princes de la bassecour
Tous ces petits poulets qui braillent,
Qui font les fiers, qui font des tours
Qui ne valent pas mieux que des racailles

Des petites âmes souvent sadiques
Qui aiment à tourmenter jeunesse
Avec leurs contrôles éthyliques
Avec leurs délits de faciès

Ils usent et abusent sans cesse
De la confiance qu’on leur accorde
Ne font preuve d’aucune politesse
Souvent aiment à semer discorde.

Savent-ils donc que le respect
Ne se gagne pas à la matraque ?
Une belle bande de freluquets
Plutôt frustrés que démoniaques.

Si au lieu de se pavaner
Ils faisaient un peu leur travaille
Alors j’arrêterai de scander
Que flicaille rime avec racaille

Mon Pèr’dant

Comment te pardonner tous tes faux pas qui m’ont perdu
Qu’importent les liens du sang, l’amour d’un fils n’est pas un dû.
Car ton absence m’a trop forcé à ne compter que sur moi même
Est-ce ma faute ? Ne fais tu pas que récolter ce que tu sèmes ?

Une enfance triste à espérer recevoir l’attention d’un père ;
Une adolescence agitée d’un jeune en manque de repères.
Un adulte dans un corps de gosse à force d’affronter les galères
Des espoirs trop de fois déçus qui reposent six pieds sous terre.

Un père sévère souvent absent finit par perdre ses enfant
Mais les petits remontent la pente car nulle douleur n’est permanente
Et puisqu’il chanta tout l’été il est désormais l’heure qu’il danse
Aujourd’hui je t’envoie valser, tu as laissé filer ta chance.

Certains diront qu’un mauvais père vaut toujours mieux qu’être orphelin
Mais un bon père imaginaire vaut plus qu’un père qui ne vaut rien.
En pierre se transforme le cœur, tu deviens fort ou bien tu crèves
Grandir c’est affronter ses peurs sans pour autant tuer ses rêves

Et si un jour c’est à mon tour d’assumer le rôle de père
De toute mon âme j’espère bien avoir appris de tes erreurs
Puisque la valeur d’une chose nous saute aux yeux quand on la perd
Je te remercie du malheur qui m’apprendra à être meilleur.

Déclaration

Mais à quoi bon le ciel, s’il n’y brille pas mon étoile
A quoi bon l’océan sans la brise dans les voiles
Sans valeur est tout l’or qui n’est pas à tes doigts
Je ne crains pas la mort, seulement la vie sans toi

A quoi bon les richesse que l’on partage seul
Rien ne sert d’être riche, une fois dans un linceul
Quand le soleil se couche, il s’incline devant nous
Quand j’embrasse ta bouche, tous les dieux sont jaloux

Pourquoi donc tous ces mots s’ils ne peuvent pas décrire,
Même avec mille poèmes, l’éclat de tes sourires
Pourquoi donc tant de mots, ils ne sont que problèmes
Ecoute donc le silence, il te dit que je t’aime

Démocrasseuse

Elle est présentée aux gamins comme étant fille de bonne naissance.
On dit à nos petits vauriens qu’à leur vie elle donnera du sens
Et les enfant croyant les grands s’inclinent en signe de déférence.
Mais ils grandissent, nos gredins, tout blottis dans leur ignorance.

Elle m’a frappé dans les valseuse, cette catin de Démocratie !
Elle était si belle si rieuse, elle n’est finalement qu’utopie.
Elle m’a séduis par ses berceuses, cette catin de Démocratie !
Elle n’est pas princesse mais crasseuse, adieux nos rêves de paradis.

On m’avait dit de cette belle qu’elle vaut bien qu’on se sacrifie
On m’avait dit qu’elle était celle qui méritait vers et chansons
On ne m’avait dit sous son règne c’est le pognon qu’on sanctifie,
Ni que ses brillantes enseignes n’étaient qu’augures de déceptions.

Elle m’a frappé dans les valseuse, cette catin de Démocratie !
Elle était si belle si rieuse, elle n’est finalement qu’utopie.
Elle m’a séduis par ses berceuses, cette catin de Démocratie !
Elle n’est pas princesse mais crasseuse, adieux nos rêves de paradis.

Mais il faut dire pour sa défense, qu’elle a de quoi charmer les cœurs.
Une bien illustre ascendance, des récits qui vous laissent rêveurs.
Ces mythomanes de grecs anciens nous ont fait gober leurs histoires
Démocratie n’est qu’une vieille fille qui voit mourir ses heures de gloires.

La Cascade et l’Ivrogne

L’esprit tout cassé, en rade, gisant sous la Cascade
Elle l’a soulé, de son vin fade, cette foutue Cascade
Elle lui a dit « viens boire un verre, viens donc que je t’évade »
Mais ivre il scande et il râle, « salope de Cascade, tu m’as rendu malade »

La Cascade l’interpelle, l’exhorte de roucoulades :
« Cesses donc mon ami tes vaines jérémiades,
Le vin précédant n’était qu’une petite blague ! Une innocente brimade !
Bois ce verre-ci, je te promets une douce balade »

La Cascade poursuit, peaufinant son embuscade :
« Bois et tu seras, une heure, le Prince des Nomades !
Pourquoi donc aimer cette vie ? Tout n’y est que bousculades !
Plonges plutôt dans mon vin, deviens Sultan de Bagdad »

Il se laisse convaincre, il abandonne ses barricades.
Elle l’a sonné de ses mots, comme d’un coup à l’arcade.
Sa voix se saccade, et d’un dernier verre, il se porte l’estocade.
Sombrant dans le vin, il n’est plus maussade, enfin son âme gambade.

Elle l’a eu encore une fois, cette foutue Cascade

A vous.

A tous mes frères d’existence, à tous mes codétenus de la terre
A ceux qui savent la souffrance d’une vie dont on ne sait que faire.

A ceux qui crèvent en silence des jours qui donnent le mal de mer
A ceux qui depuis la naissance se ne font qu’errer sans nuls repères.

A ceux jalousent tous les jours les grands sourires des imbéciles
A ceux qui hurlent à s’en rendre sourds, à vous mes fantômes des villes.

A ceux qui crachent sur la vie, sur le bonheur et ses promesses
Ceux qui attendent une greffe de cœur pour ne plus se perdre dans les ivresses

A ceux qui furent maintes fois trompés par de belles plantes empoisonnées
A ceux qui voudraient tout changer mais voient l’histoire se répéter.

Pour ceux qui se lèvent à la tombée du jour et pour ceux qui ne dorment plus
A vous mes frères hérétiques, à tous les voyageurs qui sont perdus

Je vous entends…

Mer sanguine

Comment donc effacer ton nom, ou ton visage, de ma mémoire ?
Le doigt tremblant sur cet écran, je rêve de te parler encore
Comment pouvoir tourner la page lorsqu’elle sonne la fin de l’histoire ?
Une lame posée sur mon poignet, je ne fais qu’espérer la mort.

Combien de femme dois-je séduire, pour que s’évanouisse ton ombre ?
Déjà elles m’en veulent de n’être qu’un fantôme habitant un corps.
Combien de fois dois-je revivre le naufrage d’un navire qui sombre ?
Une lame posée sur mon poignet, je ne fais qu’accepter mon sort.

Je t’attendrai, et à jamais, au delà de l’ultime frontière
Et si tu me rejoins un jour, cela vaudra bien toutes ces prières
Je t’attendrai, et pour toujours, en scrutant par les meurtrières
En attendant je noie ma peine dans ces mers faites de vins amers.