Vivant

Je suis bien vivant, ou seulement l’ombre d’un mirage ?
Le monde est si grand, Mais la terre n’est au fond que village,
Couvert de ciment, ou pleuvent des larmes sur trop de visages.
Amis d’occident, qui sème des armes récolte l’orage.

Le Prince sans couronne

Il fût porté par sa mère, Mais il l’a perdu,
Et n’a pas connu son père, lui qui s’est pendu.
Il n’a jamais été fier ni Homme de vertu,  car
dans les tréfonds de son âme résonne l’amertume.

Alors il prit la mer, pour trouver fortune,
Puis embrassa la vie, sous un ciel de brume
il dit adieu à la terre, sous un clair de lune.
Préférant mille fois la tempête au morne bithume !

Tous le disaient fou, lorsqu’il s’adressait aux étoiles,
Mais tous ces trous ignoraient tout de la nature sang royal.
Car il était enfant du monde, issu du profond de sa moelle.
Lui qui commandait même au vent pour qu’il vienne souffler dans ses voiles

Il était prince sans courrone, Monarque sans royaume
Il était chapelle sixtine dont on a amputé le dôme.
Il était pensée sans parole, théorème sans axiome,
il savait voir sans la rétine et porter son coeur sur la paume.

Il vécu l’automne de sa vie, il avait 20 ans.
Car il n’avait jamais croisé la route du printemps.
Lui qui avait soigné son âme s’en allait halletant,
A force d’entendre la même regaine « tu sais j’ai pas l’temps »,

Lui qui errait parmi des morts qui feignaient de vivre ,
Ceux-là vivant dans une cage qui se disent, « Hommes — libre »,
Il n’avait plus de réconfort que de se, rendre — ivre
Pour se reveiller au matin au froid du morne, Givre.

Je n’suis qu’un sapiens dans la malchance
Juste une âme mince, qui parfois danse
subtile lueure de l’indescence,
Qui ma foi face à vous s’avance.

Oui.

il s’affanchit et brise ses chaînes,
Car certes il prie, mais prend les reines
Jamais ne plie, même face aux braises
Il a beau réfléchir;
il ne trouve pas la Sainte-aise

Mais lui bouffe, des toasts mayonnaises.
en rêvant, des plages taÏlandaises.
Il s’est enfui car l’exégèse
Méritait bien qu’on brûle Ephèse.

Il était prince sans courrone, Monarque sans royaume
Il était chapelle sixtine dont on a amputé le dôme.
Il était pensée sans parole, théorème sans axiome,
il savait voir sans la rétine et porter son coeur sur la paume.

A l’Hiver il fût seul, tout comme ses parents.
Subitement, il voulait vivre : Mon Dieu c’est Navrant !
S’il devait s’en aller cela serait en braillant !
Pour ménager la terre, comme un père vaillant.

Mais ceux qui vivent par les exploits, finissent en bain d’sang,
Et par le monde oui chaque enfant souffre d’un être absent
Car le savoir n’est pas une arme, face à l’innocent.
Oui,aussi vrai que ciel et mer, sont drapés de cyan.