Regard

J’ai vu la beauté d’un regard,
Un de ceux qui vous laissent hagards.
Et je n’ai pas su quoi lui dire,
Malgré l’éclat de ses sourires.

La planète France

Encore un jour se lève sur la planète France
Peut-être un jour de trêve omis des esprits rances ?
Encore un jour se lève et je ne les compte plus
Attendant la relève qui prendra le dessus
.
Et je ne sais plus quoi en dire tellement cela m’attriste
De ne savoir quand périr, d’avoir perdu la piste.
À quand le soir et ses lumières, je les ai cru perdues
De sa flamme j’étais missionnaire, j’en étais éperdu

Désolé

Désolé de n’avoir pas su
Désolé de n’avoir pas pu
Car on finira tous déçus
De n’avoir pas fini repu

Pansements

Distinctions suicidaires qui partent à la dérive
Des missions avortées, des enfants que l’on prive
Des idées que l’on jette, des projets que l’on meure
Des idées que l’on guette, des projets que l’on pleure.

On est tous dans la même
On est tous dans la merde
On attends tous le jour
Mais se contente de voter « pour »

En quête de solution,
Comme en quête de bien-être
Si seulement nous savions
La force qui dort là dans nos êtres.

Car la Lumière est parmi nous,
Au creux de chaque instant
Car au fond nous sommes tous des fous
Car la vie n’est qu’un bal dansant
Car l’âme n’est plus qu’un mal pensant
Car l’amour n’est qu’un bien pansant,
Alors on se pare de pansements
Et se laisse aller, au fil du temps.


Amour

Dans la brume désolée
Nos coeurs qui chantent à la moisson
Et nos âmes coeurs trop esseulés
Ne sauraient m’enlever raison

Elle est si belle quand elle sourit
Ses lèvres roses ou bien fuchsia
Elle est si belle quand elle me dit
Qu’elle m’aimera toujours plus que moi

Et sans détours nous partirons
Vers des contrées où souffle le vent
Et notre amour nous nous dirons
Juste pour la beauté d’un instant

Clan-destin

Réfugié de son état, clandestin par ses papiers,
Il subit la vendetta de nos États, endettés.
Délesté par un passeur de ses derniers deniers,
Il embarque sur un zodiac qui fille en Méditerranée

Arrivé, à bon port, il contemple le rivage,
L’Europe et ses merveilles et ses promesses de mirages.
Il songe alors un instant aux amis et au pays,
Qu’a mesure que passe le temps c’est bien sa mère qui y vieillit.

Mais pas l’temps de s’reposer,
Direction le camp d’réfugiés.
Où maladie côtoie saleté,
Ou les quotas vont seuls régner.

Car il est parti seul, du Maghreb ou de Syrie,
Pour fuir la dictature de la famine et des fusils.
Il était étudiant en herbe, désormais il espère une vie,
Il était souvent dans la merde ça fait partie de son récit.

Il se demande parfois comment, il a pu supporté tout ça,
Les douanes et les rigoles qui le mènent à Lampedusa.
Il est si fort mais si fragile, il est un mort cherchant l’asile,
Mais rien n’est vraiment si facile, as-t-il vraiment payé pour ça ?

Au fond des rêves qui le travaillent il y a un chien et une maison,
Un boulot de 9 à 5 comme le font tous les autres cons !
Il y a une femme et deux enfants qui l’attendent à l’atterrissage,
A force de croire se creusent des rides qui viennent meurtrir son beau visage

Nous le rencontrons par la suite, à Paris ou à Berlin,
Il est dev’nu vendeur de shit car dans sa vie c’est anodin.
Il squatte un squat avec des potes issu du même milieu que lui
Et tous ses pleurs vont à la lune car il se confie à la nuit.



#2019, #clandestin, #paris, #poeme, #poesie

J’ai vu la vie

J’ai vu des carnages, des orages, des ciels pleins de mirages,
J’ai vu la police qui frappe, la jeunesse qui rap et l’homme seul qui craque.
J’ai vu des outrages en salle d’audience, des arbitrages en perte de sens.
Et puis j’ai vu la vie.

J’ai vu des manifs à la télé ou se rebiffent les gens fâchés,
J’ai vu tous ces sujets qui fâchent, J’ai vu des bons, j’ai vu des lâches,
J’ai vu ces flics sur qui l’on crache
Et puis j’ai vu la vie.

J’ai vu hier soir que l’amour m’aime, mais qu’il rime souvent avec « haine »,
J’ai vu des gens dans les restos, ceux-là qui n’ont point de problèmes,
A la gare j’ai vu un clodo, ou peut-être juste une vie bohème,
Et puis je me suis dit, ce soir j’ai vu la vie.

#poeme, #poesie